Gaëtan Picon

Gaëtan Picon est un essayiste et critique d'art français. Il a été directeur du Mercure de France et, sous le ministère d'André Malraux, directeur général des Arts et Lettres.



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Critique d'art - Naissance en 1915 - Naissance à Bordeaux - Décès en 1976

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Gaëtan Picon (1915-1976) est un essayiste et critique d'art français. Il a été directeur du Mercure de France et , sous le ministère d'André Malraux, directeur général des Arts et Lettres.

Biographie

Gaëtan Picon naît le 19 septembre 1915 à Bordeaux. Il est le deuxième enfant de Honoré Picon, officier de la marine marchande, et de Marie-Adrienne Paillier, appartenant à une famille d'industriels bordelais. Venant de Gênes, son arrière grand-oncle, Gaëtan Picon, s'était engagé dans l'armée d'Algérie et y avait découvert en 1837 un quinquina, l'«amer Picon», devenu fort célèbre. En 1922 Honoré Picon, ruiné, quitte sa famille et son fils ne le reverra plus. En 1924 le frère de Gaëtan Picon, Pierre, étudiant en philosophie fait partie des premiers signataires du Manifeste du surréalisme et deviendra le correspondant du groupe à Bordeaux, accueillant ainsi la même année dans la maison familiale de Bègles Max Ernst et Marie-Berthe Aurenche, que Paul Éluard viendra rechercher[1]. Gaétan Picon est alors élève à l'Institution du Sacré-Cœur.

En 1925 Gaëtan Picon entre au lycée Michel Montaigne de Bordeaux où il fait des études littéraires. Il commence à écrire et découvre dès sa parution en 1934 La Condition humaine d'André Malraux. Une revue d'étudiants, La Hune publie «André Malraux et La Condition humaine», écrivant à cette occasion à Malraux qui lui répond. Après avoir obtenu une licence de philosophie, il rédige un diplôme d'études supérieures, Sur les œuvres de jeunesse de Nietzsche. Il fait la connaissance de Geneviève Laguenière, étudiante en histoire, avec qui il se mariera en 1937, se lie avec René Lacôte, rencontre Jean Ballard, directeur des Cahiers du Sud auxquels il participera. Lors d'un premier voyage à Paris il fait la connaissance de Malraux. S'engageant politiquement, il adhère à l'Union fédérale des étudiants, au Comité de vigilance des intellectuels anti-fascistes, aux Jeunesses socialistes et milite pour le Front populaire. «La guerre venait, il fallait être fasciste ou antifasciste, il fallait savoir si le moyen de l'être, c'était d'être pacifiste ou belliciste. Moi j'étais belliciste, j'étais pour qu'on fasse la guerre des Munich...», confiera-t-il[2].

Installé à Paris après son mariage, Gaëtan Picon visite chaque semaine le Louvre, rencontre régulièrement Léon Brunschvicg et Malraux. Agrégé de philosophie en 1938 (reçu premier), il se voit proposé un poste à Tokyo mais, «pour mieux connaître Ingres», préfère Montauban. Recevant une bourse, il poursuit des études d'esthétique auprès de Victor Basch et Charles Lalo. Il enseigne à partir de 1939 au lycée de Mont-de-Marsan, en 1942 et 1943 à la faculté des Lettres de Bordeaux. Averti qu'il est surveillé par les Allemands, il rejoint le maquis de la Haute-Vienne au Dorat. Il entre simultanément en relation avec la revue Confluences de René Tavernier. En 1944 il se trouve à Limoges lors de la libération de la ville. Enseignant à Paris au Lycée Charlemagne, il se lie avec Georges Limbour. Sollicités par Francis Ponge, ils participent tous deux à l'hebdomadaire Action. Gaëtan Picon participe aussi à la revue Confluences, installée à Paris, ainsi qu'à Fontaine, dirigée par Max-Pol Fouchet à partir de 1946. Son premier essai sur Malraux paraît en 1945, son ouvrage sur Bernanos en 1948. Gaëtan Picon se lie dans ces années avec Georges Schéhadé, Gabriel Bounoure et , participant aux premières Rencontres internationales de Genève, à Boris de Schlœzer et Jean Starobinski. Il donne ensuite des conférences au Danemark et en Suède, en 1950 au Maroc, en Algérie, en Tunisie et des cours au Middlebury collège de Vermont, tandis qu'est publié son Panorama de la nouvelle littérature française.

Gaëtan Picon enseigne de 1951 à 1954 à l'école supérieure des Lettres de Beyrouth où il accueille surtout Roger Caillois, Elsa Morante, Alberto Moravia, Madeleine et André Malraux. Il se lie d'autre part avec Georges Séféris. En 1954 et 1955 il est professeur de littérature à l'Institut français de Florence, rencontrant de nombreux écrivains italiens, tels Eugenio Montale ou Giuseppe Ungaretti, de 1955 à 1959 à l'école des Hautes études de Gand.

En juin 1959 Gaëtan Picon est nommé par Malraux au poste de directeur générale des Arts et Lettres. Sous sa responsabilité sont organisées à l'initiative de Malraux les premières Maisons de la culture et est créé le Grand Prix national des Arts, alors que des écrivains majeurs reçoivent le Grand Prix national des Lettres. Une impulsion est d'autre part donnée aux Manufactures de Sèvres et des Gobelins. Il est demandé en août 1966 à Gaëtan Picon de démissionner de son poste pour des divergences avec le ministre sur l'organisation de la musique et des théâtres lyriques dans laquelle il souhaite confier de hautes responsabilités à Pierre Boulez. Gaëtan Picon est ensuite élu directeur d'études à l'École pratique des hautes études et enseigne l'esthétique à l'École nationale supérieure des beaux-arts.

De 1963 à 1965 Gaëtan Picon dirige, avec Yves Bonnefoy, André du Bouchet et Maurice Saillet, le Mercure de France. Au journal Le Monde il donne de 1966 à 1969 des chroniques sous le titre Les formes et l'esprit. En 1967 et 1968 il est membre du comité de rédaction de la revue L'Éphémère. Aux éditions Albert Skira, il dirige la collection Les Sentiers de la création[3] dans laquelle il demande à Aragon, Ionesco, Butor, Julien Gracq, Claude Simon, Francis Ponge, Joan Miró, de définir librement leur création. Il rédige lui-même des textes sur les peintres et sculpteurs, Ingres, Géricault, Van Gogh, Kandinsky, Fernand Léger, Braque, Picasso, Rouault, Balthus, Jean Dubuffet, Giacometti, André Masson, mais aussi des préfaces à des catalogues d'expositions, surtout de Beaudin (1962), Bertholle (1972[4]), Bissière, Ubac (1972), Bram van Velde (1970), Geer van Velde (1972), Vieira da Silva (1967[5]), Marcel Fiorini et Louttre. B (1970[6]).

Gaëtan Picon donne en 1979 des cours sur Racine à l'Université de Princeton. Il est en 1971 vice-président du jury du concours international pour la réalisation du Centre Beaubourg dont le président est Jean Prouvé. Il est sur le point de prendre la direction de l'Académie de France à Rome lorsqu'il meurt le 6 août 1976. Il repose au cimetière Saint-Pierre de Marseille.

Une association des Amis de Gaëtan Picon est présidée par le poète Yves Bonnefoy.

Bibliographie

Critique littéraire

Critique d'art

Récits

Sur Gaëtan Picon

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Notes et références

  1. Biographie dans L'œil double de Gaëtan Picon, Paris, Centre Georges Pompidou, 1979 (110 p. ), p. 63
  2. Biographie dans L'œil double de Gaëtan Picon, p. 66
  3. Carnets catalans de Joan Miró, préfacé par Gaëtan Picon. Présentation de Gaëtan Picon, éditions Skira, Genève, 1976, 2 volumes, t. 1, p.  2 et p.  3 de couverture
  4. Musée de Saint-Germain-en-Laye, 1967
  5. galerie Jeanne Bucher, Paris, 1967
  6. Louttre-Fiorini, Gravures pour le mur, galerie Jeanne Bucher, textes de Gaëtan Picon, Louttre et Fiorini, 1970

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