Stanley William Hayter

Stanley William Hayter, né le 27 décembre 1901 à Londres et mort le 4 mai 1988 à Paris, était un peintre non figuratif britannique de la nouvelle École de Paris, dont l'œuvre, à partir de 1932, a été principale dans le renouveau de la gravure moderne.



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Peintre britannique - Peintre abstrait - Peintre non figuratif - Surréalisme - Graveur britannique - Académie Julian - Naissance à Londres - Naissance en 1901 - Décès en 1988

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Stanley William Hayter, né le 27 décembre 1901 à Londres et mort le 4 mai 1988 à Paris, était un peintre non figuratif britannique de la nouvelle École de Paris, dont l'œuvre, à partir de 1932, a été principale dans le renouveau de la gravure moderne.

Biographie

Son père est peintre et l'un de ses ancêtres, au dix-huitième siècle, a rédigé plusieurs traités sur le dessin. Stanley Hayter débute lui-même en 1913 à peindre des toiles de style impressionniste. Ses études de chimie organique l'amènent de 1922 à 1925 à travailler dans le golfe Persique, à Abadan, pour l'Anglo-Iran Oil Company. Il visite alors la Perse et l'Arabie puis, sur le chemin du retour, l'Égypte. Durant ces années il réalise de nombreux dessins et des peintures d'inspiration cubiste qu'il expose aussitôt rentré à Londres.

En avril 1926 Hayter s'établit à Paris, fréquente durant trois mois l'Académie Julian et étudie la gravure auprès de l'artiste polonais Joseph Hecht. Attiré par les peintures de Giorgio De Chirico, Max Ernst, Hans Arp, il fait la connaissance de bientôt Alexander Calder puis André Masson et participe au mouvement surréaliste, se liant en 1933 avec Paul Éluard qui écrit quelques années plus tard un poème inspiré par ses gravures (“Facile proie”, Paris, Guy Lévis-Mano, 1938; dans Paul Éluard, Œuvres complètes, I, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, Gallimard, 1968, p.  843-853, avec la reproduction des œuvres de Hayter).

Dès 1927 Stanley Hayter, que ses proches nomme «Bill», installe un atelier de gravure, qu'il déménage à Montparnasse en 1932 au 17 de la rue Campagne-Première, d'où le nom d'Atelier 17 qui deviendra célèbre dans le monde entier et que garderont ses ateliers ultérieurs. Au long des décennies le fréquenteront surtout Picasso, Salvador Dali, Marc Chagall, Joan Miró, Ernst Alberto Giacometti, Ferdinand Springer, Raoul Ubac, Maria Elena Vieira da Silva, et un très grand nombre d'autres peintres venus de l'ensemble des horizons, non pas uniquement pour apprendre des recettes respectant les traditions mais pour chercher auprès de Bill de nouvelles façons d'ouvrir la gravure, moyen d'expression autonome, aux nouveautés du langage de l'art moderne. Hayter, multipliant les recherches de matière, y met spécifiquement au point de nouveaux procédés d'impression de plusieurs couleurs en une seule opération.

Ses peintures suivent une évolution plastique parallèle à celle de ses gravures. S'il continue de peindre portraits, natures mortes et paysages jusqu'en 1929, Hayter s'éloigne ensuite de la figuration et réalise des constructions où ficelles ou cordes, suggérant quelquefois les contours de corps, sont collées en méandres sur la surface plane de la toile, et des dessins automatiques. Puis se renforcera dans ses œuvres la présence de silhouettes allusives, juxtaposées et mêlées, de personnages ou d'animaux. Durant cette période Hayter effectue des voyages au Venezuela, en Italie, en Grèce, et plusieurs séjours en Espagne, le dernier comme invité du gouvernement de la République espagnole. Il participe ainsi en 1938 au recueil “Solidarité”, publié au profit des combattants de l'Espagne républicaine, qui réunit un poème d'Éluard et des gravures de sept artistes, dont Picasso, Miró, Masson et Tanguy.

En 1939 Stanley Hayter quitte Paris pour Londres, où il travaille au camouflage, et part en 1940 aux États-Unis, où il demeurera dix ans. Sa réputation le conduit dès son arrivée à enseigner à l'École des Beaux-Arts de San Francisco. Dès la fin de l'année il recrée à New York un nouvel "Atelier 17", donnant à travers le pays des cours de peinture et de dessin, mais aussi des conférences. En 1944 l'exposition itinérante sur l'"Atelier 17" qu'organise le Musée d'art moderne de New York marque un tournant important qui assure à Hayter une renommée internationale. Dans son atelier il reçoit non seulement Tanguy, Calder ou Masson, mais également les artistes américains, Jackson Pollock, Mark Rothko, Matta, Robert Motherwell, Willem de Kooning, Jean-Paul Riopelle. Durant cette période ses œuvres, à la limite de l'abstraction, développent les réseaux d'un graphisme marqué autour d'entrelacs de formes féminines épurées, réduites à l'arabesque.

Rentré en 1950 à Paris Hayter, qui rend toujours dans les années suivantes de brèves visites à son atelier américain, rouvre, non loin de son installation première, l'"Atelier 17" où ses amis peintres redébutent de réaliser leurs gravures, côtoyant de plus jeunes artistes, tels Jean Corneille ou Pierre Alechinsky. Dès 1950 Hayter travaille durant l'été à Alba-la-Romaine, en Ardèche où se retrouvent de nombreux artistes européens et sud-américains, surtout Jean Le Moal ou le chilien Eudaldo. Les toiles que peint Hayter, malgré leurs titres dont plusieurs évoquent l'Escoutay, la rivière qui traverse le village, s'affranchissent de toute allusion directe à la réalité visible. "Les séjours à Alba ont exercé quelque influence sur Hayter, et en premier lieu physique : l'air et les divers parfums des arbres et des fleurs le ravivent après la vie citadine au long de laquelle il a respiré, avec ardeur d'ailleurs, l'odeur des acides et des encres (... ). l'Escoutay exerce sur lui un irrésistible attrait : les sauts de l'eau, la profondeur mystérieuse des trous, les tourbillons sur les cuves claires et sombres", observe Georges Limbour (Hayter, 1962, p.  44). Mais c'est uniquement avec ses couleurs, montées en intensité, des rythmes gestuels de ses tracés obliques ou enchevêtrés, que sa peinture, désormais non figurative, recrée le sentiment de la réalité élémentaire, terre et eau, minéral et végétal, sous la lumière variable des saisons.

Signature de Stanley Hayter

En 1958 Hayter représente le Royaume-Uni à la Biennale de Venise. Il reçoit en 1960 le Grand Prix international de gravure de Tokyo, en 1972 le Grand Prix de la Ville de Paris. Ses œuvres ne cesseront d'évoluer vers encore plus de spontanéité dans la projection dynamique de la couleur, distribuée ensuite selon d'amples réseaux de courbes se déployant parallèlement comme ondes, se croisant ou se superposant. Dans les années 1980 leurs compositions éclatées en plus larges surfaces, fortement contrastées dans les rouges, les verts et les jaunes, sont de nouveau souvent traversées par le souple graphisme, sombre ou lumineux, qui, sous des formes différentes au long de son itinéraire, demeure caractéristique de l'art d'Hayter.

Stanley William Hayter meurt à Paris le 4 mai 1988. La même année le British Museum prend la totalité de son abondant œuvre gravé. L'Oxford Dictionary of Art juge en 1997 qu'aucun artiste britannique n'aura eu une telle influence internationale.

Artistes ayant fréquenté l'Atelier 17

  • Alexander Calder
  • Anita de Caro
  • Willem de Kooning
  • Matta
  • René Mels
  • Robert Motherwell
  • Jean-Claude Reynal
  • Jean-Paul Riopelle
  • Ferdinand Springer
  • Yves Tanguy
  • Jackson Pollock

Bibliographie

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