Raoul Ubac

Raoul Ubac, né Rudolf Gustav Maria Ernst Ubach le 31 août 1910 à Cologne et mort le 24 mars 1985 en France à Dieudonné, était un photographe, un peintre, un graveur et sculpteur belge appartenant à la Nouvelle École de Paris.



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Peintre abstrait français - Peintre non figuratif - Graveur français - Peintre de vitraux - Verrerie - Photographe français - Surréalisme - Naissance en 1910 - Décès en 1985

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  • Raoul Ubac est né à Malmedy (Wallonie) le 31 août 1910 et mort à Dieudonné (Oise)... Les œuvres d'Ubac font partie de l'exposition L'envolée lyrique, Paris... (source : maeght)
  • Decouvrez si Raoul Ubac est vraiment un bon investissement!... Paris Ancienne collection Louis Carré, Piasa/Artcurial, Paris, 10décembre 2002, ... (source : arcadja)
Raoul Ubac
Nom de naissance Rudolf Gustav Maria Ernst Ubach
Activité (s) Peintre, graveur, sculpteur, photographe
Naissance 31 août 1910
Cologne,
Flag of Prussia 1892-1918.svg Royaume de Prusse,
Drapeau: Empire allemand Empire allemand
Décès 24 mars 1985
Dieudonné, Oise, Drapeau : France France
Mouvement (s) Nouvelle École de Paris

Raoul Ubac, né Rudolf Gustav Maria Ernst Ubach le 31 août 1910 à Cologne[1] (Royaume de Prusse) et mort le 24 mars 1985 en France à Dieudonné (Oise), était un photographe, un peintre, un graveur et sculpteur belge appartenant à la Nouvelle École de Paris.

Biographie

Raoul Ubac passe sa petite enfance en Allemagne, entre Cologne et Francfort. En 1919, sa famille s'installe à Malmedy, petite ville proche des Hautes Fagnes en Belgique, où la famille de sa mère, Alice Lang, exploite une tannerie de cuirs depuis plusieurs générations. Son père, Ernst Ubach, vient d'y est appelé Juge de Paix. Raoul Ubac obtient la nationalité belge.
Il fait ses études à l'Athénée royal de Malmedy jusqu'en 1928, ayant le projet de devenir agent des eaux et forêts. Il fait alors un premier séjour à Paris. Rentré en Belgique en 1929 pour terminer ses études secondaires, un professeur lui passe «sous le manteau», le premier «Manifeste du surréalisme» d'André Breton.

Revenant à Paris en 1930 où sur les conseils de ses parents il s'inscrit à la Sorbonne, Raoul Ubac noue des contacts avec les surréalistes, fréquente les ateliers de Montparnasse, fait la connaissance de Camille Bryen et d'Otto Freundlich, rencontre André Breton et fréquente le milieu surréaliste. Il entreprend, à pieds, de nombreux voyages à travers l'Europe, en Italie, Suisse et Autriche. En Dalmatie, sur l'île de Hvar, il effectue des «assemblages de pierres trouvées» qu'il photographie. Otto Freundlich lui conseille alors de se rendre à Cologne où il s'inscrit à l'École d'arts appliqués et travaille le dessin et la photographie. Lors d'une soirée dansante, il fait la connaissance de Agathe Schmidt, nommée Agui, jeune allemande avec qui il se mariera à Ixelles en 1939. Raoul Ubac expérimente en photographie des procédés de brûlage, de solarisation et de pétrification et expose en 1933 à Paris le résultat de ses recherches.

En collaboration avec Camille Bryen, Raoul Ubac publie en 1934, sous le nom de Raoul Michelet un recueil de poèmes et de photographies. Avec Bryen toujours, il dépose des «objets dans les lieux les plus inattendus», affiche «des poèmes et images sur les murs» et participe aux activités des surréalistes. Il côtoie Hans Bellmer, Victor Brauner, Benjamin Péret et Raoul Hausmann.
À partir de 1936, il s'engage dans une série de photographies autour du «Combat de Penthésilée» (la Reine des Amazones et Achille) pour lesquelles il combine de multiples procédés : association des négatifs, surimpression et solarisation, superposition ou décalage du négatif et du positif, qui donne une impression de pétrification, soufflage, fumage, brûlage ou voilage du cliché. Fréquemment, il réutilise des fragments de nus de ses deux modèles, Agui et Marthe (la femme de Paul Nougé). Certaines de ses photographies sont publiées dans la revue surréaliste "Minotaure" («Agui dans le miroir au tain endommagé, 1938). Il apprend aussi la gravure dans l'atelier de Stanley Hayter et se lie avec Roger Gilbert-Lecomte. Pour l'Exposition internationale du surréalisme à la Galerie des Beaux-Arts de Paris (janvier 1938), André Breton lui commande la photographie des mannequins exposés. Y sont aussi présentés deux photomontages : «La Chambre» et «La Rue derrière la gare». «Par le blond trait d'union de l'œil d'Ubac, les ruines passées rejoignent les ruines à venir, sans cesse renaissantes. Ses femmes brandissent le dard et défaites sont les sœurs de la sombre Penthésilée de von Kleist. Elles sont l'invraisemblable fleur fossile, la pêcheuse qui dompte les sables mouvants», écrit-il en 1939[2].

En 1940, Raoul Ubac fonde avec René Magritte la revue L'Invention collective qui ne connaîtra que deux numéros. Y participent surtout André Breton, Achille Chavée, Fernand Dumont, Irène Hamoir, Marcel Lecomte, Marcel Mariën et Louis Scutenaire[3]. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, Raoul et Agui Ubac, en compagnie des Magritte, de Scutenaire et d'Irène Hamoir, quittent Bruxelles, puis Paris pour Carcassonne (Aude) où demeure Joë Bousquet. En 1941, Raoul Ubac revient à Bruxelles où il présente une exposition de photographies dont le catalogue est préfacé par Paul Nougé. La galerie est fermée sur ordre des occupants. Ayant fait la connaissance du poète Jean Lescure qui la dirige, il participe activement à la revue Messages, où il fait la connaissance de Paul Éluard, Raymond Queneau et André Frénaud, qui ne cessera d'accompagner amicalement son travail. En 1942, il illustre Exercice de la pureté de Jean Lescure[4] puis abandonne la photographie après la guerre.

Bien qu'il participe aux activités du groupe néosurréaliste La Main à plume jusqu'en 1943, la guerre l'éloigne progressivement du surréalisme : il débute dès 1939 de dessiner à la plume «les objets les plus simples», verres et flacons, fruits et pains, ciseaux ou couteaux posés sur une table (exposition en 1943 à la librairie parisienne de Francis Dasté, préfacée par Jean Lescure). En 1946, il ramasse en Haute-Savoie un éclat d'ardoise et débute avec un clou à la graver, réalise des gouaches sur le thème des Têtes. Jean Lescure lui ayant fait connaître Bazaine et ses amis non figuratifs, leurs recherches sur les formes et les couleurs l'aident, dit-il, «à faire l'effort en premier lieuer ces problèmes sans passer par les phantasmes» dont il avait été tributaire. Raoul Ubac aborde à nouveau la peinture, à l'œuf, pour une série non figurative de Personnages couchés dans des lumières sourdes. Il illustre en 1948 la couverture de Voir, recueil de Paul Éluard dont un poème lui est dédié[5]. À partir de 1951, la galerie Aimé Mæght expose régulièrement ses gouaches et ses toiles, préfacées par André Frénaud, Georges Limbour, Claude Esteban ou Yves Bonnefoy. Ubac ne cesse simultanément de graver des ardoises qui deviennent à mesure des reliefs et dont il introduit en 1955 des fragments dans ses tableaux. Il prend en 1958 une maison à Dieudonné où il installe deux ateliers, pour la peinture et la sculpture.

Signature d'Ubac
Signature d'Ubac pour ses amis

Dans les années 1960, ses peintures, sur panneaux recouverts de résines amalgamées, réalisent une synthèse et un épanouissement, autour des thèmes des Labours et des Sillons, des Corps et des Torses, du double travail qu'il poursuivra jusqu'à sa mort. En 1968 une rétrospective de son œuvre est présentée à Bruxelles et au Musée d'art moderne de Paris. Ubac reçoit en 1973 le grand prix national des arts.

On doit à Raoul Ubac plusieurs ensembles de vitraux mais aussi des reliefs, haut-reliefs, décors muraux et maquettes de tapisseries pour des édifices publics et privés. Ubac a aussi illustré de ses dessins, gravures et lithographies une trentaine de livres et est l'auteur de la couverture de la revue Argile publiée chez Mæght de 1973 à 1981.

Des œuvres d'Ubac sont présentées dans de nombreux musées de France et d'Europe. En 1980, la Poste française a émis un timbre reproduisant une de ses créations. Ubac fait partie des peintres réunis pour l'exposition «L'envolée lyrique, Paris 1945-1956», présentée au musée du Luxembourg (Sénat), en avril-août 2006 (Sans titre, 1947) [catalogue : (ISBN 8876246797) ].

La communauté artistique fêtera le centième anniversaire de sa naissance en 2010.

Principaux travaux d'art mural

Ardoises

Église de Varengeville, vitrail d'Ubac

Vitraux

Mosaïques

Tapisseries

Livres illustrés

Bibliographie sélective

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : source utilisée pour la rédaction de cet article

Hommage à Raoul Ubac

Je rends hommage à celui qui continue de feuilleter dans sa nuit le livre de pierre que la nature lui tend, Ubac magnifique en sa forêt native, qui scrute sans cesse l'ardoise bleue de ses Ardennes, les schistes de ses Fagnes, ouvrant comme par enchantement, "par un coup sec donné sur sa tranche", le fameux livre de pierre aux milliers de pages, épousant toujours ses lignes de clivage, faisant mine de se laisser conduire — "le clivage assigne au matériau ses limites (... ) à chaque instant l'ardoise tend à retrouver son horizontalité primitive" — mais toujours tirant la leçon de ce étonnant tête à tête, conservant sur papiers particulièrement légers les empreintes des paysages subtils qu'il aura rencontrés, en particulier repoussant encore plus loin la contrainte première, taillant les plans selon des angles inédits, redressant l'horizontalité primitive d'une dalle d'ardoise, lui enseignant la vertica-lité des arbres et des hommes, l'érigeant, la bandant, grande Stèle thème de l'arbre ou petite stèle de Nancy, toutes à l'assaut du ciel, allant et nous menant à l'essen-tiel en sa nudité, signes de la Présence en son perpétuel instant.

Christian Nicaise

Notes et références

  1. Quoique la totalité de ses biographies jusqu'au début des années 2000 indique Malmedy en Belgique pour son lieu de naissance. Marie Guilbert «L'Univers complexe de Raoul Ubac» dans «La Gazette de l'Hôtel Drouot» du 15 avril 2005, p. 184
  2. André Breton, Des tendances les plus récentes de la peinture surréaliste, dans Minotaure n° 12-13, mai 1939, p. 16. Le texte est accompagné de deux «Photos-relief» d'Ubac, «Le Mur sans fin» (1938-1939).
  3. Des illustrations d'Ubac figurent dans les deux numéros. Dans le second une photographie d'Ubac illustrant Romantique Adéla d'Irène Hamoir représente Adéla, «femme de Raoul Ubac, allongée nue dans une écorce de tronc d'arbre» (Avant-gardes du XXè siècle, ventes du 23 et 24 novembre 2009, Paris, Binoche-Renaud-Giquello, 2009, reproduction et notice n° 575, p. 190)
  4. cinq photographies :Nébuleuse, Les Corps, La Face pétrifiée, L'Envers de la face et Exercice de la pureté
  5. Paul Éluard, Œuvres complètes, tome II, édition établie par Marcelle Dumas et Lucien Scheler, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 1968, p. 187-188.

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La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 30/01/2011.
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