Roger Bissière

Roger Bissière, né le 22 septembre 1886 à Villeréal et mort le 2 décembre 1964 à Boissièrettes, est un peintre français de la nouvelle École de Paris.



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Peintre non figuratif français - Peintre abstrait français - Peintre de vitraux - Verrerie - Naissance en Lot-et-Garonne - Naissance en 1886 - Décès en 1964

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  • Bissière», Max-Pol Fouchet, Le Musée de Poche, Ed. G. Fall, Paris, 1955.... Biographie : Roger Bissiere est né en 1886 à Villeréal (Lot-et-Garonne, ... (source : mchampetier)
  • ... A L'O C D E LE PEINTRE ROGER BISSIERE EST MORT NOUS COMBATTONS POUR NOTRE... Bissière : Musée des arts décoratifs... Paris, 1966.... Texte de Roger Bissière de Roger Bissière et Musées de la Cour d'or (Reliure inconnue - 1959)... (source : amazon)
  • ... Nous sommes au musée des beaux-arts d'Agen.... Roger Bissière est né à Villeréal, en 1886. Il décédera en 1964. Issu du cubisme, il penche vers le figuratif entre les deux... En 1939, il quitte Paris pour le Lot.... (source : ladepeche)

Roger Bissière, né le 22 septembre 1886 à Villeréal (Lot-et-Garonne) et mort le 2 décembre 1964 à Boissièrettes (près de Cazals dans le Lot), est un peintre français de la nouvelle École de Paris.
Il est l'aîné de la génération des artistes qui font apparaître dans les années 1950 la peinture non figurative.

Biographie

Roger Bissière est né à Villeréal (Lot-et-Garonne), où son père est notaire. À partir de 1898 il est interne au lycée de Cahors. Son père s'installant à Bordeaux en 1902, il y poursuit ses études au lycée Michel-Montaigne. Ayant commencé à peindre en 1903, il préfère ne pas poursuivre des études de droit, et s'embarque en 1904 pour Alger où il travaille près d'un an auprès du peintre orientaliste Rochegrosse. Rentré en 1905 il fréquente l'École des Beaux-Arts de Bordeaux puis, de 1909 à 1911, celle de Paris, voyageant à Rome ainsi qu'à Londres. À partir de 1912 et jusqu'en 1919 il rédige des articles sur la peinture dans plusieurs journaux, surtout l'hebdomadaire parisien L'Opinion.

Exempté dès 1907 puis en 1914, Roger Bissière s'engage mais est rapidement réformé. À partir de 1914 il participe à des manifestations collectives (Salon des Indépendants, Salon d'automne et se lie dans les années suivantes avec André Lhote, Georges Braque, Juan Gris. Il publie en 1920 un ouvrage sur Braque, des préfaces (Zadkine) et des articles sur Seurat, Ingres et Corot dans la revue L'Esprit Nouveau créée par Le Corbusier et Ozenfant. Bissière présente en 1921 sa première exposition personnelle à la galerie Paul Rosenberg. En 1923 France Ranson lui demande d'être professeur de peinture et de croquis à l'académie Ranson où il ouvrira en 1934 un atelier de fresque que fréquenteront surtout Alexandre Garbell, Jean Le Moal et Alfred Manessier. Ayant fondé une association avec ses amis Louis Latapie, Braque et Ozenfant, il fait construire au square de Montsouris, avec l'aide d'Auguste Perret, une maison dont il conçoit les plans. En 1926 naît son fils Marc-Antoine qu'il surnomme «Loutre» et qui peindra sous le nom de Louttre. B.

Lors de l'Exposition internationale des arts et techniques de Paris, Bissière participe en 1937 à la décoration de différents pavillons dont celui des Chemins de fer, assisté par Bertholle, Le Moal et Manessier, après avoir exposé avec eux pour la première manifestation à Lyon, l'année précédente, du groupe «Témoignage». Il quitte Paris en 1939 pour s'installer dans l'ancien presbytère qu'il a hérité de sa mère en 1902, à Boissiérettes dans le Lot.

Bissière y cesse, au cours de la guerre, de peindre, pratiquant durant la décennie suivante d'aventureuses activités, «la culture avortée de la lavande» (12 000 pieds)  ; «l'élevage romantique du mouton confié à la garde d'une ancienne élève, Charlotte Henschel, rescapée du nazisme et de l'académie Ranson ; l'entreprise forestière avec un compagnon appelé Manessier ; l'élevage de la vache (17 têtes et pas une goutte de lait)  ; la transformation d'une Alfa Romeo de course en gazogène ; les fours à charbon de bois ; le déboisage à la jeep...», écrit Walter Lewino[1].

Église de Cornol (Suisse), vitrail de Bissière (1958)
Église de Develier (Suisse), vitrail de Bissière (1958)

Sur l'initiative en 1943 de Manessier, Bissière expose en 1944 à la Galerie de France de nouveaux pastels réalisés pendant l'hiver, aux côtés d'œuvres de Bertholle, Le Moal, Manessier, Gustave Singier, Louttre. B et Étienne Martin (préface de Gaston Diehl). Il compose l'année suivante des tentures avec des morceaux de tissus, chiffons ou rideaux, vieux vêtements ou chaussettes usagées, que coud et brode sa femme «Mousse», et en revient à la peinture. «Ma jeunesse a commencé à soixante ans», confiera-t-il plus tard[2]. Ses tapisseries et toiles sont exposées à la galerie René Drouin en 1947. Opéré à Nantes en 1950 d'un double glaucome, Bissière réalise une série de petits tableaux à la peinture à l'œuf, dont quelques-uns autour de l'île de Ré où il passe sa convalescence. Ses Images sans titre sont présentées en 1951 par Jean-Francois Jæger à la galerie Jeanne Bucher qui ensuite exposera régulièrement son travail.

En 1952, Roger Bissière reçoit le Grand Prix national des Arts. Il en revient à la peinture à l'huile en 1954 et illustre le Cantique à notre frère Soleil de saint François d'Assise, gravé par Marcel Fiorini. En 1955, Bissière est invité à la IIe Biennale de Sao Paulo et expose à la Dokumenta de Cassel. Il réalise en 1958 des vitraux pour les églises de Develier et Cornol en Suisse, tandis qu'une exposition rétrospective itinérante lui est consacrée dans les musées allemands et hollandais, et crée en 1960 les maquettes de deux verrières pour la cathédrale de Metz.

Bissière meurt en 1964, après l'exposition des petits panneaux du Journal en images 1962-1964 qu'il peint après la disparition de Mousse, sa femme, et la présentation de ses toiles au pavillon français de la Biennale de Venise, où il reçoit une mention spéciale d'honneur, qui ne sera plus délivrée ensuite, «à cause de l'importance historique et artistique de son œuvre.»

Rétrospectives

D'importantes rétrospectives de l'œuvre de Bissière ont été organisées dans les vingt dernières années, surtout en France, à Paris et en province, en Allemagne ainsi qu'aux Pays-Bas. Ses œuvres sont présentes dans un très grand nombre des plus grands musées français et européens.
Bissière fait partie des peintres réunis pour l'exposition «L'envolée lyrique, Paris 1945-1956», présentée au Musée du Luxembourg (Sénat), d'avril à août 2006 (Grande composition, 1947 ; Sans titre, 1955 ; Paysage mexicain du Musée national d'Histoire et d'Art du Luxembourg ; Vert et blanc [Composition 232], 1955) [catalogue : (ISBN 8876246797) ].

Philatélie

En hommage à Bissière, un timbre reproduisant l'une de ses œuvres, Jaune et gris, est émis par les Postes françaises en 1990 (valeur : 5 F).

Citations

Signature de Bissière
«Dix ans de solitude et de silence c'est long.
Pendant dix ans je n'ai eu pour confidents que moi-même et quelques vaches paisibles que je menais paître le long des prés et des bois, sous le soleil et les nuages. (... )
J'ai oublié bien des choses inutiles. J'en ai appris d'essentielles.
Peut-être ai-je appris à regarder en moi-même.
Les bêtes, les arbres, le vent et le soleil, ce qu'aima tant le petit frère d'Assise, tout cela a pris pour moi un sens nouveau, son sens véritable.
Un sens profond, dense et lourd.
Je me suis senti saturé d'un monde d'images et de couleurs dont il fallait totalement s'alléger. (... )
Et si quelques-uns, ayant regardé s'attardent et sentent sourdre quelque sympathie pour l'homme que je suis, j'aurai gagné.
Si j'ai perdu et si nul ne me tend la main, je remettrai les miennes dans mes poches, plus profondément.»[3]


«J'ai dû bien mal m'exprimer puisque vous avez conclu que je tenais à être un peintre abstrait. Or je n'ai cessé de répéter que j'étais non figuratif, je me refusais totalement à être abstrait. Pour moi un tableau n'est valable que s'il a une valeur humaine, s'il suggère quelque chose, et s'il reflète le monde dans lequel je vis. Le paysage qui m'entoure, le ciel sous lequel j'évolue, la lumière du soir ou du matin. Tout cela je ne cherche pas à l'imiter, mais inconsciemment je le transpose et le rétablis dans tout ce que je fais. (... ) Pour moi un tableau abstrait est un tableau raté, toute vie en est absente, c'est comme ceux qui empaillent le monde[4]

Bibliographie sélective

Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article : source utilisée pour la rédaction de cet article

Liens

Liens externes

Notes et références

  1. Walter Lewino, dans Arts, Paris, 9-15 décembre 1984; Bissière, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 1986, p. 46
  2. Bissière, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 1986, p. 39
  3. Bissière, T'en fais pas la Marie, ... (Bissière, Paris, Galerie Drouin, 1947 (fac-similé) ; Bissière, Paris, Musée des Arts Décoratifs, 1966 (np) ; Roger Bissière, Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1986, p. 58 et 64; Bissière, T'en fais pas la Marie, Écrits sur la peinture 1945-1964, Cognac, Le temps qu'il fait, 1994, pp. 30-31 et 35
  4. Bissière, lettre à Georges Boudaille, dans Les Lettres françaises, 6-12 janvier 1966; Bissière, Paris, Musée d'Art Moderne, 1986 (p. 15)

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